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Albanie
Un vrai travail pour Véli
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Récit de Christophe Wagner, chargé de programme |
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A Paskuçani, commune albanaise de 37 000 habitants à 10 km de la capitale Tirana, la population souffre du chômage. Les familles cultivent de très petites surfaces de terre (0,5 à 1 ha) insuffisantes pour vivre décemment et beaucoup vont chercher une vie meilleure à Tirana, en vain. Fin 2002, Elevages sans frontières a distribué 200 chèvres laitières alpines à 50 familles de Paskuçani. Veli faisait partie des bénéficiaires.
Plein de sagesse, à 70 ans, Veli Shehu a beaucoup appris de la vie. Du temps du communisme, il travaillait dans une grande coopérative, au sein de laquelle il a connu tous les métiers de l’élevage : éleveur de moutons, chèvres, vaches et porcs, conducteur d’engins ou chauffeur de camion laitier. |
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A la chute du régime, il a acheté 50 chèvres et a développé cet élevage avec ses fils, atteignant bientôt l’effectif de 400 chèvres ! Tout le lait était alors vendu en laiterie. Mais un jour celle-ci a fermé ; Veli a alors décidé de résister au sort en fabriquant et commercialisant lui-même son fromage. Hélas, l’hécatombe sociale engendrée par les terribles années des « pyramides financières » a eu raison du marché que la famille tentait de mettre en place. Face à la récession, tous ses fils ont émigré en Grande Bretagne. Devenu veuf, Veli a vendu les chèvres pour venir s’installer à Paskuçani, à 10 km de la capitale Tirana, dans une grande maison où il vit avec ses filles et ses petits enfants. Les plus grands d’entre eux rêvent de leurs cousins « anglais » pour lesquels la chance matérielle a souri, alors que dans la banlieue de Tirana, il n’y a pas de travail, trop peu de moyens pour s’habiller, se soigner et s’instruire. Les chèvres offertes par Elevages sans frontières l’ont vraiment soulagé pour nourrir sa famille : les protéines du lait furent les bienvenues. Veli s’occupe seul de ses chèvres, et à son âge, il est fier de ce travail. Modestement, il nous confie « Il est si bon pour un père d’avoir su élever ses enfants avec de l’argent gagné par un véritable travail »...comme il est beau, son sourire ! |
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