Selon quels critères décidons-nous d'intervenir dans un pays ?
Comment les familles bénéficiaires sont-elles choisies ?
Comment est évalué le coût des animaux ?
D'où viennent les animaux distribués dans les pays ?
Pourquoi donner des chèvres françaises ?
Comment les chèvres sont-elles transportées dans les pays ?
Les chèvres ne dévastent-elles pas l'environnement ?
Peut-on donner des animaux à Elevages sans frontières ?
Quel intérêt l'élevage représente-t-il pour les enfants ?
Qui prend en charge l'alimentation des animaux ?
Dans quelles conditions les petits sont-ils transmis ?
Peut-on recevoir des nouvelles des animaux offerts ?
Pourquoi ne pas développer de programmes en France ?
Comment la structure de l'association est-elle financée ?
Selon quels critères décidons-nous d'intervenir dans un pays ?
Le choix d'un pays est le plus souvent une réponse à une proposition de coopération
de partenaires du réseau ou à la sollicitation d'associations locales.
Pour être mis en place, un projet doit répondre à des besoins alimentaires et économiques,
de familles en difficulté, intervenir dans un contexte stable, apparaître comme réaliste
et viable aux vues des conditions et des traditions locales, et concerner un groupe de
bénéficiaires motivés et impliqués dans le développement du projet.
Comment les familles bénéficiaires sont-elles choisies ?
Les familles sont choisies par les coordinateurs locaux selon plusieurs critères : le manque
de ressources, le nombre de personnes à charge, le nombre d'enfants en bas âge, la motivation
à développer un élevage, l'engagement du respect du passage du don. Les bénéficiaires doivent
accepter de préparer avec l'aide de l'équipe locale un bâtiment pour abriter les animaux et s'organiser
pour assurer des réserves de nourriture.
Comment est évalué le coût des animaux ?
Une chèvre " seule " coûte en France environ 180 ?uros. Dans le cadre des programmes, on évalue
le coût global d'une chèvre à 300 ?uros en moyenne.
Le montant estimé pour chaque animal inclut tout ce qu'implique une activité durable d'élevage :
l'achat de l'animal, le transport, le matériel d'élevage et de transformation (fromagerie,
miellerie...), la formation agricole, la rémunération de l'équipe locale, l'organisation
d'associations d'éleveurs, l'aide à la commercialisation de produits fermiers.
D'où viennent les animaux distribués dans les pays ?
Dans le cas des chèvres, il peut s'agir de chèvres françaises de race alpine souvent
élevées dans le Mâconnais. Les éleveurs sélectionnés apportent toutes les garanties
sanitaires et un potentiel génétique. Ils sont bien connus du Directeur André Decoster,
lui-même ancien éleveur de chèvres. Les chèvres sont parfois achetées dans le pays
aidé lorsqu'on y trouve des chèvres laitières - comme en Roumanie - ou d'un pays
voisin, comme l'Afrique du Sud dans le cas d'un programme en Zambie.
Pour les autres types de programmes (poules, abeilles, lapins, cochons, agoutis),
les animaux sont sélectionnés et achetés dans le pays par l'équipe locale.
Pourquoi donner des chèvres françaises ?
La France dispose d'un savoir-faire caprin reconnu. Les chèvres françaises sont plus
productives en lait que les chèvres locales - de six à dix fois plus. Des pays d'Afrique
comme le Togo ou le Bénin ne pratiquent que l'élevage de chèvres à viande, très peu
productrices en lait (0,25 litre par jour au mieux contre 2 à 3 litres par jour pour
une chèvre alpine). Les chèvres importées de France peuvent d'autre part, dans certaines
régions comme le Kosovo, venir combler le manque de cheptel en partie décimé par les guerres
et les pénuries comme au Kosovo. L'importation de chèvres laitières permet d'assurer par la
suite des croisements avec des races locales afin d'augmenter leur production.
Comment les chèvres sont-elles transportées dans les pays ?
Pour les pays de l'Est, les chèvres sont envoyées en camion spécialement aménagé, avec
fourrages et eau.
Vers l'Afrique ou l'Asie, elles sont transportées par avion-cargo ou par bateau, dans
le respect incontournable des réglementations sanitaires. Un soin attentif est prévu
lors du transport afin d'acheminer les animaux dans les meilleures conditions possibles.
Les chèvres ne dévastent-elles pas l'environnement ?
Les programmes sont mis en place dans des régions riches en végétation, où en tout cas
il est possible de cultiver du fourrage. En Europe de l'Est, les chèvres sont gardées
par les familles dans les chèvreries en hiver et dans des pâturages au printemps-été.
En Afrique, les familles, qui préparent abri et enclos pour leurs chèvres, les gardent
la plupart du temps sous abri pour les préserver de la chaleur, des parasites, des
serpents, et éviter qu'elles ne s'en prennent aux plantations ou absorbent des matières
non comestibles comme des sacs en plastique.
Peut-on donner des animaux à Elevages sans frontières ?
Des éleveurs nous proposent parfois généreusement de donner des animaux ; nous ne
pouvons malheureusement pas accepter cette aide en nature. Pour la viabilité des
projets, il est en effet important de respecter des règles sanitaires scrupuleuses
et de connaître le parcours de ces animaux, ce qui est plus facile si l'on s'adresse
à un seul éleveur prévenu plusieurs mois à l'avance. Pour les programmes caprins,
il est de surcroît plus efficace de fournir des jeunes chèvres, et si possible
pleines, plutôt que des chèvres adultes plus âgées. Enfin, le don d'animaux
impliquerait de disposer d'un terrain et de structures pour les garder en attendant
leur départ, ce qui entraînerait une organisation contraignante et coûteuse.
Quel intérêt l'élevage représente-t-il pour les enfants ?
Les enfants participent très souvent aux activités d'élevage ; ils aiment nourrir,
garder et soigner les animaux. Les produits fermiers leur procurent une alimentation
plus riche et plus équilibrée et les revenus dégagés par l'élevage permettent de
financer les frais de leur scolarisation.
Qui prend en charge l'alimentation des animaux ?
Avant la distribution des animaux, les coordinateurs locaux aident les familles à
préparer des réserves de nourriture et à s'organiser entre elles pour l'alimentation
future des élevages. L'achat de terres collectives pour les fourrages peut être inclus
dans le financement du projet. Le complément alimentaire, comme le maïs, est financé
au démarrage par l'association, en attendant que les familles dégagent des revenus suffisants
de leur activité.
Dans quelles conditions les petits sont-ils transmis ?
Ce sont les femelles, reproductrices et sources de nourriture, qui sont transmises pour
le passage du don. Les familles donnent par exemple les chèvres une fois sevrées à l'âge
de 6 ou 7 mois. On veille à ce que chaque éleveur transmette un animal d'un âge équivalent
à celui de ceux qu'il a reçus. Lorsque la famille a reçu avec les animaux une réserve
d'alimentation, ce complément doit aussi être « remboursé » lors du passage du don.
Peut-on recevoir des nouvelles des animaux offerts ?
Elevages sans frontières propose de faire des dons représentant le montant d'animaux et non de parrainer
un animal ou une famille. Ces dons représentent une participation à l'action d'Elevages sans frontières dans les pays ; ils sont utilisés en fonction des priorités. Les donateurs
peuvent connaître les programmes prévus avec les animaux concernés grâce aux lettres
d'informations adressées aux donateurs, au site internet mis à jour régulièrement,
ou en contactant le service donateurs. Un suivi individuel et personnalisé de chaque
don (envoi de photos de l'animal et de la famille aidée, information en fonction de
l'actualité) impliquerait une équipe et une gestion lourde et coûteuse. La préoccupation
d'Elevages sans frontières est avant tout d'optimiser la part des fonds consacrée directement à
l'aide aux familles.
Pourquoi ne pas développer de programmes en France ?
Les demandes concernant des pays en développement représentent un investissement humain
et financier déjà lourd. Les projets sont d'autre part mis en place en faveur de groupes
de familles ou de communautés, alors que les sollicitations françaises sont très souvent
émises par un individu ou une seule famille. Enfin, à investissement égal, l'impact sur
l'amélioration de l'alimentation et le niveau de vie des familles serait bien moindre.
Comment la structure de l'association est-elle financée ?
Une aide financière de partenaires du réseau, dédiée
au frais de fonctionnement et de communication, permet de consacrer 80% des fonds collectés
aux programmes sur le terrain, ce qui représente une part importante pour une jeune association.