Roumanie : Pas de fatalité pour Vasile

Quand Vasile vous parle de sa vie, le regard de cet homme plutôt frêle s’anime d’une intense lumière et d’une grande force.

En 2002, lorsqu’il apprend qu’une association va mettre en place un programme de développement de l’élevage de chèvres dans son village de Topolog, il sent que le vent va peut-être enfin tourner pour lui et sa famille. Vasile et Fanica ont alors 5 enfants et ne possèdent qu’un jardin, un peu de volailles et deux cochons. La modeste enveloppe de l’aide sociale prodiguée par l’Etat roumain est nécessaire mais loin d’être suffisante.

En juillet 2003, Vasile reçoit 8 chèvres de race locale. Un an plus tard, dans le cadre de ce programme mis en place par Elevages sans frontières et son partenaire local, les chèvres sont croisées avec une race occidentale, la Saanen.

En mai 2007, Vasile est fier de nous montrer les animaux issus de ce croisement. Ses chèvres produisent désormais jusqu’à 4 litres de lait par jour, soit deux fois plus qu’auparavant. Après s’être acquitté de son contrat de microcrédit, en donnant à son tour de jeunes chèvres à une nouvelle famille, il a pu accroître son troupeau qui atteint alors 27 laitières. Les chèvres passent l’hiver à la ferme où elles sont nourries au foin.

Dès que le printemps fait pousser l’herbe, plusieurs fermes rassemblent leurs animaux en un grand troupeau confié à des bergers. Les chèvres pâturent sur les collines autour du village et la traite a lieu 2 fois par jour. A elle seule, la famille de Vasile consomme 5 litres de lait par jour. Fanica en transforme une bonne partie en yaourt et en téléma, la « feta » locale.

Grâce à la construction de la fromagerie spécialisée dans le lait de chèvre, Vasile vend son lait deux fois plus cher que dans le circuit classique. La famille conçoit désormais son avenir sous un jour meilleur. Bien nourris, tous les enfants sont scolarisés.

Alors que la fromagerie de Topolog bénéficie depuis 2005 d’un partenariat avec une entreprise française lui permettant de développer son activité, Vasile envisage de solliciter une banque pour emprunter de quoi acheter une cinquantaine de chèvres supplémentaires.

Quand le microcrédit permet à une famille paysanne d’accéder au crédit bancaire, c’est-à-dire de franchir la première marche du développement, de s’extraire du cercle vicieux de la grande pauvreté, nous avons plus que jamais le sentiment à Elevages sans frontières que la chaîne de solidarité pour l’autonomie n’est pas une utopie.

Témoignage recueilli par Christophe Wagner – Chargé de programmes


Elevages sans frontieres
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L'ONG Elevages sans frontières est une association de solidarité internationale.
Notre action : lutter contre la faim et la malnutrition par des projets d'élevages en Afrique de l'Ouest (Togo, Bénin, Burkina Faso et Sénégal), au Maroc, en Haïti et en Europe de l'Est (Kosovo, Arménie et Albanie).
Selon le principe de microcrédit en animaux, chaque famille aidée offre à son tour un petit né de son élevage à une nouvelle famille qui continuera cette grande chaîne de solidarité.