Ecrit par Elevages Sans frontières le

Les politiques d’autonomisation

Un effet papillon pour les femmes rurales ?

Les politiques nationales des pays en développement devraient être un levier pour l’intégration socio-économique des femmes. Si des pays affichent leur volonté de faire progresser la condition des femmes dans l’intérêt du développement local, la pression des organisations internationales reste nécessaire.

FemmeEtAuberginePour preuve de leur engagement à promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, les pays africains ont presque tous ratifié la Convention de 1983 sur l’Elimination de toutes les formes de Discrimination à l’Egard des Femmes (CEDEF), et plus de la moitié d’entre eux ont ratifié le Protocole de l’Union africaine sur les droits des femmes en Afrique.

Malgré ces bonnes intentions et les progrès observés dans les pays signataires, on déplore souvent un décalage entre les discours, les dispositions juridiques et la réalité.

Au Togo, dans son rapport d’observation en 2012, le CEDAW* a noté un effort de sensibilisation sur les problèmes d’accès aux services et aux ressources pour les femmes rurales. Il se déclare toutefois inquiet face à la misère et à l’analphabétisme des femmes rurales toujours privées d’un accès aux soins, à la sécurité sociale, à l’éducation, à la justice, à l’eau potable, à l’électricité, à la terre, à l’emploi et à des facilités de crédit.

Face aux lenteurs nationales, les organisations internationales gardent un rôle moteur dans l’accélération du processus d’autonomisation des femmes. ONU Femmes, l’Organisation pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), le Fonds International de Développement Agricole (FIDA) et le Programme Alimentaire Mondial (PAM) ont lancé en 2012 un programme commun destiné à rendre plus autonomes les femmes rurales pauvres par des initiatives d’intégration économique et de sécurité alimentaire spécifiques aux différents pays.

PolitiqueAuto-SenegalLa stratégie d’ONU Femmes en particulier consiste  à institutionnaliser les processus, à former de hauts responsables nationaux pour leur mise en œuvre et à renforcer la capacité des mouvements de femmes à plaider en leur faveur et à en suivre les progrès.

Le lobbying d’organisations comme Coordination Sud en France, alliées à l’intervention d’acteurs de terrain comme Elevages sans frontières, contribuent à accélérer les efforts dans chaque pays.

La signature d’un accord à Rome peut-elle changer la vie d’une femme du village de Gayolabé au Sénégal ? Oui, mais pas sans une intégration de la politique nationale pour l’autonomisation au niveau local.

* CEDAW : Committee on the Elimination of All Forms of Discrimination against Women, organe de 23 membres chargé de faire vivre et appliquer la Convention de 1983.
Par Christine de Sainte Marie, Responsable de la communication

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